A 65 ans, Mathurin Cadenet dit "Fouyaya" est une figure de   Saint Pierre en Martinique,un personnage de cette ville qu'il connaît dans ses moindres recoins.

L 'homme au corps élancé et sportif est toujours  vêtu d'un short de bain et d'un T shirt aux couleurs d'entreprises locales, d'une paire de mocassin bateau en cuir lorsqu'il ne marche pas pieds-nus. De son large sourire sonne une voix grave et chaleureuse ; il salue de bon matin les habitants en ponctuant les discussions de calembourds ou "couillonades" .

Il est célèbre pour ses interventions matinales, pertinentes et instructives  sur une grande radio locale dans toute la Martinique. Son savoir, il est  forgé grâce à sa passion pour la lecture et le patrimoine impulsé par son père et Adeline de Raynal, l'oralité et l'amour profond qu'il éprouve pour son île. 

Modeste, autodidacte, gare à ceux qui le qualifie de bibliothèque! Il préfère mettre en avant son caractère curieux de l 'histoire de la Martinique, du patrimoine.

Après son service militaire en Guyane dont il garde un beau souvenir (la nage avec les caïmans,  saramakas) ; Fouyaya a exercé divers métiers  comme travailleur dans la  canne , véliplanchiste, moniteur de natation , c'est un inconditionnel de la mer et ne s'écarte guère de celle qu'il affectionne. Il marche dans Saint Pierre et observe  comme au premier jour les  gravures, les statues qui font sa ville

Il vit sa ville de  Saint Pierre et s'implique naturellement  dans le projet actuellement mené par Patrick Chamoiseau, le "Grand Saint- Pierre" (des ateliers imaginaires,plasticiens, journalites, regards croisés sur la ville; il est conscient que la tâche sera ardue mais comme il l'explique crûment en reprenant Petrolusi, un pionnier du tourisme aux Antilles "Sans le cul de Joséphine et les macabés de Saint Pierre, il n'y aurait pas eu de tourisme dans les Antilles", la ville a subi un ralentissement lié au fait que la Montagne Pelée n'est pas éteinte, , il dissocie la montagne du volcan comme il distingue  le pierrotin du saint pierrois.Il a eu la chance de rencontrer  des rescapés qui ont vécu l 'irruption de 1902, les pierrotins dans son enfance.

Il a ce chauvinisme pour sa ville qu'il souhaite transmettre à tous les concitoyens qu'il côtoie.